Par Wac SAINE – 14 novembre 2025
Le Sénégal politique s'embrase. À peine remise du "Téra Meeting" triomphal d'Ousmane Sonko le 8 novembre, la coalition victorieuse de 2024 – la fameuse "Coalition Diomaye Président" (CDP) – est au cœur d'un séisme. Le 11 novembre, le président Bassirou Diomaye Faye nomme Aminata Touré (ex-PM sous Macky Sall) à sa tête pour la "redynamiser", limogeant Aïda Mbodj sans ménagement. Le PASTEF, fief de Sonko, contre-attaque illico : communiqué virulent rejetant l'autorité de Faye, maintien de Mbodj et création d'une "nouvelle coalition" autour d'elle, porte-étendard présumée de la candidature Sonko pour 2029. Est-ce l'annonce cachée de la course de Faye à sa propre succession ? Une épreuve de vérité pour le duo Faye-Sonko ? Décryptage d'un bras de fer qui paralyse l'État au pire moment : crise économique galopante (déficit à 14 % du PIB, dette à 132 %).
D'abord, symboliquement, c'est Faye qui affirme son leadership. Élu dauphin de Sonko en 2024, il s'émancipe publiquement, nommant une figure de l'ancien régime (Touré, ex-alliée de Macky) au cœur de l'héritage Pastef. Un pied de nez ? Sûrement. Pour beaucoup, c'est un signal clair : "Je suis le président, pas un intérimaire." Et pour 2029 ? Absolument, ça sent la pré-campagne. La CDP, machine électorale de 2024 (54 % au premier tour), doit être sous contrôle Faye pour une réélection. Touré, avec son réseau transpartisan, est un atout pour élargir la base au-delà du radicalisme Sonko – vers les modérés, les femmes, les urbains. Des analystes y voient déjà "l'annonce voilée d'une candidature Faye", un waymo pour consolider son emprise avant les législatives de 2027.

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