Par Wack SAINE
Le Sénégal vit un moment charnière. À peine un an après l'élection triomphale de Bassirou Diomaye Faye (soutenu par Ousmane Sonko et le PASTEF), des fissures apparaissent au sommet de l'État. Les rumeurs de tensions entre le président Faye et le Premier ministre Sonko bruissent depuis juillet, et les événements récents – comme l'absence remarquée de Sonko au dernier Conseil des ministres le 22 octobre – attisent les spéculations. Mais la sortie choc du ministre de l'Environnement, Dr. El Hadji Abdourahmane Diouf, le 26 octobre sur RTS dans l'émission En Vérité, jette un éclair cru sur la fracture nationale. Appelant explicitement Diomaye à "prendre ses responsabilités" pour réconcilier les Sénégalais et éviter une "justice des vainqueurs", Diouf alerte sur un risque de division profonde qui dépasse le duo Faye-Sonko. Qu'est-ce qui cloche vraiment dans ce tandem autrefois indissociable ? Quelles sont les racines du mal ? Et surtout, comment sauver le "projet Pastef" avant qu'il ne s'effrite ? Enfin, quel message adresser aux patriotes, militants et sympathisants pour raviver la flamme ? Analysons sans complaisance, en intégrant cette intervention qui appelle à l'unité nationale.
Au cœur de ces divergences réside un bicéphalisme institutionnel mal maîtrisé. La Constitution sénégalaise de 2024, inspirée des réformes Pastef, confère au Premier ministre un rôle exécutif fort, presque rival du président. Sonko, en tant que "numéro 2" charismatique, gère le gouvernement au quotidien, tandis que Faye incarne la vision stratégique. Mais cette dualité vire au duel : Sonko a publiquement admis des "différences profondes" lors d'une réunion Pastef en juillet, critiquant un "manque d'autorité" au sommet de l'État et accusant des "problèmes d'autorité" qui freinent le Sénégal. Faye, de son côté, a nié tout conflit, affirmant : "Il est mon ami. Je n'ai aucun conflit avec lui." Pourtant, les faits parlent : remaniement ministériel chaotique en septembre (où des tensions internes ont éclaté, selon Thierno Alassane Sall), désaccords sur les négociations avec le FMI, et une communication erratique où Sonko semble éclipser Faye.
1. Ambitions Politiques et Dynamiques de Pouvoir : Sonko, artisan de la victoire de Faye (qui lui "doit" sa légitimité), peine à endosser le rôle de "second". Ses critiques publiques – comme sur l'autorité présidentielle – trahissent une frustration face à un Faye qui affirme son leadership. Inversement, Faye, élu au premier tour, cherche à s'émanciper pour éviter d'être vu comme un "pantin". Ce "guerre silencieuse" est un classique des alliances électorales : l'outsider (Faye) vs le leader charismatique (Sonko).
Le "projet" – souveraineté, justice sociale, rupture avec la Françafrique – est en péril, mais la sortie de Diouf offre un levier : transformer la crise en opportunité de réconciliation. Les défis sont immenses :
Chers patriotes, militants et sympathisants du PASTEF – vous qui avez marché, crié, voté pour briser les chaînes ! Le Sénégal n'est pas un trophée personnel ; c'est notre terre, notre dignité. Diomaye et Sonko ne sont pas des dieux, mais des serviteurs d'une cause plus grande : la souveraineté wolof, peul, sérère, diola... l'Afrique debout ! Et aujourd'hui, Dr. Diouf, votre ministre, vous le rappelle : "Rendre justice ne doit pas nous amener à opposer des Sénégalais contre d'autres." Son appel à pardonner, à réconcilier, sans renoncer à la sanction, est un phare dans la nuit.
Chers lecteurs, chères lectrices du Sénégal,
