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Sonko-Diomaye : De frères d'armes à rivaux silencieux ? L'évolution tourmentée de leurs rapports

Le 12/11/2025 à 15:50 0

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Par Wack SAINE – 12 novembre 2025

Le duo Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye, pilier de la révolution Pastef au Sénégal, fascine autant qu'il inquiète. De mentors complices en 2024 à partenaires sous tension en 2025, leurs relations ont connu une trajectoire sinueuse, culminant en novembre avec un bras de fer sur le contrôle de la coalition électorale. Au cœur d'une crise économique sans précédent (déficit à 14 % du PIB, dette à 132 %), ces frictions paralysent l'exécutif. Chronologie, causes et perspectives : décryptage d'une alliance qui craque.

Les origines : Une alliance forgée dans l'adversité (2023-2024)

Diomaye sonko1Tout commence en prison. En 2023, Ousmane Sonko, leader charismatique du PASTEF et figure anti-système, est incarcéré pour des accusations qu'il qualifie de "complot". Inéligible à la présidentielle de 2024, il désigne Bassirou Diomaye Faye – son fidèle lieutenant, ex-secrétaire général adjoint du parti – comme dauphin. "Diomaye pour le peuple", lance Sonko dans une vidéo virale, scellant un pacte de sang. Faye triomphe au premier tour le 24 mars 2024, porté par la vague Sonko. Le 2 avril, il nomme Sonko Premier ministre, instaurant un bicéphalisme inédit sous la nouvelle Constitution : Faye pour la vision, Sonko pour l'exécution musclée.

À ce stade, c'est l'idylle. Le duo incarne la rupture avec la "Françafrique" : audits des dettes, anti-corruption, panafricanisme. Les premiers mois, jusqu'en juin 2024, sont une "période de grâce", avec des réformes symboliques et une popularité intacte.

Premières fissures : Les "Différences profondes" de Juillet 2025

Diomaye sonko4L'euphorie s'essouffle vite. En juillet 2025, lors d'une réunion du PASTEF, Sonko admet publiquement des "différences profondes" avec Faye, critiquant un "manque d'autorité" au sommet et des "problèmes d'autorité" qui freinent le Sénégal. Faye balaie les rumeurs : "Il est mon ami. Je n'ai aucun conflit avec lui." Mais les signes s'accumulent : remaniement chaotique en septembre 2024, désaccords sur les négociations FMI, et une communication où Sonko éclipse souvent Faye.

Les causes ? Ambitions croisées : Sonko, artisan de la victoire, peine à jouer les seconds ; Faye, élu légitime, s'émancipe pour éviter le rôle de "pantin". Ajoutez des divergences idéologiques – Sonko radical (rupture totale avec l'Occident), Faye plus pragmatique – et des pressions externes (bailleurs, oligarques). Résultat : une "guerre silencieuse" qui mine la machine d'État.

Escalade en novembre : Le Bras de fer sur la coalition, point de non-retour ?

Mimi toure aida mbodjOctobre 2025 apporte un répit relatif, avec Sonko réaffirmant l'unité lors d'interviews. Mais novembre marque l'embrasement. Le 8 novembre, lors d'un Téra meeting Pastef à Dakar (dizaines de milliers de militants), Sonko appelle à des "sacrifices" pour deux-trois ans : hausses d'impôts, coupes budgétaires pour juguler la crise héritée de Macky Sall, qu'il accuse de "haute trahison". Sur Faye, il est clair : "Ce qui pourrait nous séparer ne viendra pas de moi, et j'ai foi qu'il ne viendra pas de lui non plus." Mais il tacle les "alliés du gouvernement" qui cherchent à "manipuler et isoler" Faye contre lui. Un aveu voilé de tensions internes.

Puis, le 11 novembre, le coup de théâtre : Faye révoque Aïda Mbodj de la tête de la "Coalition Diomaye Président" (CDP), coalition victorieuse de 2024. Dans une lettre aux alliés, il invoque une "léthargie" et des "facteurs de division" depuis le 10 septembre, malgré la croissance des adhérents. Il nomme Aminata Touré – ex-PM sous Macky Sall, récemment visée par les alliés de Sonko – pour "restructurer" la coalition et soutenir son "Projet" et le gouvernement Sonko. Touré accepte sur les réseaux, remerciant Mbodj.

Le PASTEF explose : "Faye n'a aucune autorité pour limoger Mbodj, nommée par la conférence des leaders", tonne le parti, rejetant aussi Touré pour ses "valeurs incompatibles". Sonko convoque une réunion d'urgence. Analystes y voient Faye affirmant son indépendance face à un Sonko trop dominant, au risque d'une scission. Thierno Alassane Sall parle de "provocation et d'humiliation". Dans ce contexte, les tensions "paralysent l'État" au pire moment financier.

Implications : Le Projet Pastef en péril ?

Cette évolution – de symbiose à rivalité larvée – menace le "projet" : souveraineté, justice sociale. Les défis : unité interne (congrès Pastef ?), image publique (discours conjoints), réformes concrètes (sans paralysie). Externe : alliances panafricaines pour contrer les ingérences.

Pour l'instant, pas de rupture ouverte, mais un "test du feu" post-8 novembre. Si Sonko "détient la base", Faye a l'autorité constitutionnelle. Le Sénégal retient son souffle : réconciliation ou implosion ?

Et vous ? Ce duo survivra-t-il à la crise, ou l'Afrique perdra-t-elle ses fers de lance ? Commentez !

Sources : Jeune Afrique, Alkamba Times, WADR, Africa Intelligence, buzz X novembre 2025.

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